FERMETURE ESTIVALE |

Du dimanche 14 juillet au jeudi 29 août (inclus). La billetterie en ligne reste ouverte.

 

Mardi 31 Mars
  • Grande salle, 20h30
  • Entrée libre
  • Durée : 1h30
  • Musique actuelle Benoît Delbecq
  • Vidéo Eric Vernhes
  • Mise en scène Victor Gauthier-Martin

L’affaire Grégory, en 1984, a rendu la justice folle et les médias délirants. C’est un crime à dimension mythologique: assassinat d’un petit garçon de 4 ans; guerre des familles, rivalités professionnelles, mystérieux «Corbeau» qui revendique l’assassinat dans des lettres anonymes, innombrables dérapages médiatiques, etc.

La question qui s’est très vite posée est la place de ces démiurges qui racontent nos vies, nos histoires, comme des devins antiques et qui prétendent connaitre les vérités dernières et prennent même parfois la place de la justice.

Au sommet de la polémique,  l’article de Marguerite Duras publié par Libération. Elle y exprime sa conviction que l’assassin du petit Grégory n’est autre que sa mère: «Sublime, forcément sublime, Christine V.» Et Duras d’entonner une glorification de l’infanticide, dans une quête de liberté et d’émancipation des femmes tenues dans l’ombre des hommes. Voici donc une inculpée accédant au sublime par le biais de la mythologie, Duras en admire la sauvage grandeur. Pour elle, dans un cas similaire, il est inéluctable de devenir une Médée.

Dans une première version de l’article, Duras développait l’idée qu’une mère qui donne la vie a le droit de la retirer et ne devrait jamais être punie par la loi.  Idée éminemment subversive et censurée par le journal.

Christine Villemin a été définitivement et entièrement innocentée en 1993.

Le propos ici est que, vingt ans après le scandale de sa première publication – « Sublime, forcément sublime Christine V. » – on persiste à affirmer une souveraineté́ totale de la littérature. Peu importe ce qui est vrai ou faux. Ce sont les mots qui restent et ce seront ces histoires qui seront racontées à nos enfants.